PÔle i : de l'image au texte


Responsables : Anne-Marie Christin, Marianne Simon-Oikawa

Espace et écriture :
le système hiéroglyphique égyptien
Histoire de l'écriture p.53

« L'écriture est née de l'image et, que le système dans lequel on l'envisage soit celui de l'idéogramme ou de l'alphabet, son efficacité ne procède que d'elle » : cette thèse, développée en 1995 dans L'Image écrite ou la déraison graphique, a été formulée au terme d'analyses comparées menées par le Centre d'étude de l'écriture depuis sa création en 1982.

Nos recherches actuelles ont pour objet d'examiner la validité et la portée de cette thèse en abordant les civilisations de l'écriture sous plusieurs angles :

– celui de la nature mixte de l’écriture, qui intègre les principes de la communication verbale (que l'on peut définir pour l'essentiel comme étant ceux de l'énonciation et de la narration) à un mode de communication dont les principes sont tout différents, associant structuration spatiale et graphique d'une surface donnée et intelligence visuelle. ;

– celui de l'image elle-même, considérée non pas comme le dépôt de «représentations», ce qu'elle est devenue historiquement dans certaines civilisations, mais comme le support d'une communication sociale spécifique et autonome. L'importance accordée par les premières civilisations de l'écriture à la divination autorise à définir cette communication comme une relation transgressive entre monde des sociétés humaines et monde de l'au-delà, qu'il s'agisse d'une transcendance divine conçue par ces sociétés à partir de leur modèle propre, ou, comme en Chine, d'un cosmos régi par des lois outrepassant la mesure humaine.

– Notre propos est également d'interroger les civilisations de l'écriture à partir de ce schéma, en distinguant les premiers systèmes, dits idéographiques, où l'écriture est le produit direct (même s'il s'incarne de façon diverse selon les options culturelles et les idéologies) de la préoccupation simultanée de mixité et de transgression qu'elle doit à l'image, et les écritures nées ultérieurement, soit par évolution naturelle, comme les systèmes sémitiques, soit par emprunt conduisant à une réinvention - telle l'écriture japonaise - soit par mutation radicale, comme on le constate avec le système grec.

– La dernière de nos interrogations concerne les changements survenus dans la conception et la pratique de l'écrit du fait de l'apparition de l'imprimerie puis des technologies numériques. Les systèmes d'écriture en ont-ils été influencés, et ceux qui sont fondés sur l'idéogramme au même titre que la civilisation de l'alphabet ? Et quel bénéfice l'association texte-image qui est à l'origine de l'écrit a-t-elle pu en tirer dans le second cas ?



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 CEEI – CENTRE D'ÉTUDE DE L'ÉCRITURE ET DE L'IMAGE  I  UNIVERSITÉ PARIS DIDEROT - PARIS 7